Vous n'êtes pas identifié(e).
Même avec 14 tons dans la gamme c'est vrai qu'on reste dans ce qui est naturellement "harmonieux" à l'oreille. C'est important dans la mesure où ceux qui, à force de rechercher absolument autre chose, ont créé la musique dissonnante qui est plus une sorte de performance comme les membres de l'oulipo pouvaient s'amuser à produire en littérature, sauf que c'est généralement inécoutable (pour moi)
Le schéma classique d'un morceau de musique n'est pas figé: la rythmique percussive est dominante, mais pas exclusive, la voix n'est pas non plus inévitable ou utilisée de la même manière, pareil pour tout instrument.
En fait je pense aussi qu'il n'y a pas de règle, même pour une personne donnée, qui définirait la 'bonne musique'. A partir du moment où il y a *quelque chose* qui te touche quelque part ...
Des atypiques que j'aime particulièrement (tous genres): Loic Lantoine, Katerine, Herbie Hancock, Hadouk trio, Brand X, Social Broken Scene, Plaid, Bleip, Richard D. James, The Go! Team
Hors ligne
Je ne connais pas tout ce que tu cites mais j'adore Katerine (c'est le cas de le dire), j'ai vu Hadouk Trio en concert et j'ai quelques disques de Gong (le premier groupe où jouait Didier Malherbe) et j'aime bien Herbie Hancok et Plaid (dont je ne connais qu'un ou deux titres mais qui m'ont bien accroché l'oreille).
Je suis bien sûr complètement d'accord avec ton deuxième paragraphe, le reggae par exemple, est une musique où les rôles des instruments sont assez inhabituels (dont la guitare percussive).
La comparaison avec l'Oulipo contient ses limites car les oulipiens ne transgressent ni ne suppriment les règles de l'écrit, au contraire: ils en ajoutent à outrance. Le principe de base oulipien est en effet d'écrire sous la contrainte afin de produire des textes surprenants. Cela existe aussi en musique, bien sûr. Le point commun est, comme tu le dis, la performance. Je ne crois pas cependant que ce soit nécessairement ce que cherchent ceux qui cherchent des dissonances. Pour rester dans quelque chose de simple, pensons aux open tunings de Jimmy Page, qui ne sont pas absolument dissonants puisque les notes sont généralement dans la gamme, mais qui font entendre un son nouveau, cause de ce que l'on identifie très rapidement la « couleur » pagienne d'une interprétation du guitariste de Led Zeppelin (et donc, de Jeff Buckley).
La note bleue, la septième mineure, est également une dissonance qui a eu beaucoup de réussite en musique, n'est-ce pas ?
Hors ligne
La blue note est passée au registre du sacré dans le blues, c'est sûr,
mais on reste cependant dans les 12 demi-tons de la gamme chromatique, c'est juste un écart de l'austère pentatonique
Le camembert électrique!! J'adore
Juste une référence de poids au passage: L'inamovible Franck Zappa, qui a aussi pas mal touché à la musique dite contemporaine puis concrète, avec une approche toute personnelle!
Concernant l'open tuning, je suis d'accord pour la couleur donnée sans nécessairement sortir du cadre chromatique, en général, j'aime d'ailleurs m'accorder en AAAAAA
pour des morceaux indo-pagiens improvisés au coin du feu! Je n'appelle pas ça une dissonance pourtant.
La comparaison à l'oulipo était seulement sur la contrainte imposé comme base de développement, en effet, car je pense que la dissonance dans ce cas est à peu près le seul but recherché, outre toute approche expressionniste (mais là je suis méchant :langue: ).
Quant aux références, deezer en contient pas mal, sinon je conseille vivement ce lien pour une version video très créative 
Hors ligne
Pour en finir avec notre mini-débat, je pense qu'il n'y a plus grand chose à ajouter puisque nous sommes d'accord sur la majorité du propos. Nos petitse différences de perception ne tiennent probablement qu'à notre différence d'âge et d'expérience (j'ai 17 ans et je parle de groupes que je n'ai pas vus "arriver" dans le paysage musical et que je découvre seulement, et toi-même tu n'as sûrement pas la même sensibilité musicale qu'il y a 20 ans), et à notre goût propre. Par exemple, j'aime beaucoup NIN, mais je n'ai jamais vu Trent Razor comme un précurseur révolutionnant la musique, peut-être parce que je n'ai pas connu le groupe au moment ou il est arrivé. En revanche, Coil je suis fan ! J'ai honte de l'avoir oublié d'ailleurs.
Si l'on s'en tient strictement aux notes, je pense qu'on ne peut guère innover en musique, tout ou presque a déjà été exploré. Au niveau du rythme, peut-être un peu moins, avec la polyrythmie de plus en plus utilisée. En metal, cette piste est particulièrement explorée depuis Meshuggah, les riffs syncopés, destructurés (ça n'est pas vraiment ma tasse de thé d'ailleurs, mais bon).
Paulo1b, ton parallèle avec l'oulipo me fait penser à l'avant dernier Blut Aus Nord, dont les guitares sont jouées entièrement à deux mains. Il ne s'agit pas vraiment d'après eux de tapping mais d'une approche pianistique de la guitare. A la fois un outil et une contrainte ? En tout cas, c'est assez difficile d'accès (inécoutable pour toi, me diras-tu !
)
Hors ligne
C'est une idée intéressante et pas étonnante puisque les techniques de guitare issues du métal y conduisaient tout naturellement, le hammer ayant de plus en plus d'importance (une exception notable dans les années 80 en France, l'incroyable main droite du guitariste de Warning: cherche sur Youtube une version complète du Petit Peuple).
Oui, je suis d'accord sur l'essentiel et je ne suis pas certain qu'on puisse évoquer Reznor comme un précurseur. Le précurseur était plutôt Aphex Twin, et encore était-ce plutôt un expérimentateur.
L'open tuning est en effet plus une assonance qu'une dissonance, mais je parlerais plutôt d'accent, comme on dit de quelqu'un qu'il a un accent.
La note bleue a probablement d'abord été perçue comme une dissonance. Elle a d'abord été introduite dans la musique savante avant de revenir par la porte de la musique noire qui recèle encore bien des mystères et des éblouissements pour nous autres, pauvres béotiens, vous me comprenez certainement si vous connaissez quelques divas maliennes. Aujourd'hui, ce n'est plus une dissonance, c'est un cliché.
Enfin, pour t'embêter Paulo, je ne résiste pas à te faire lire ceci.
Incidemment, je suis en train d'écouter un jazzman fou qui joue de la vielle sur Décibel (France Culture). Si vous pouvez y jeter une oreille, vous verrez, il aurait eu sa place dans Gong !
Hors ligne
Tu t'es bien donné du mal! La contrainte originelle n'était "que" de se priver du 'e'
Mais le résultat est vraiment pas mal! Bien joué!
As-tu lu "la disparition" de Perec ? Là c'est un roman complet sans apparition du 'e' ...
C'est le coté sympathique de la folie
Aphex Twin (de son vrai nom Richard James) a fini (mais il vit toujours
) par trouver quelque chose d'achevé je crois. Son album Drukqs n'a plus rien d'expérimental à mon humble avis.
Hors ligne
J'ai essayé de le lire vers vingt ans mais j'avais abandonné. Depuis j'ai lu le passage sur Moby Dick, qu'on peut trouver sur le net et j'ai été scotché !
Queneau a écrit un petit livre magnifique sur les fous en littérature. A lire !
Oui, c'est vrai pour Aphex.
Hors ligne
open tuning et nouvelle technique de jeu : passez écouter du Erik Mongrain sur son site web. Vu en live, grande baffe dans ma tête...
Sinon, je suis littéralement scotché par vos cultures musicales, et par l'analyse approfondie que vous portez sur les différents styles que vous écoutez... Moi qui me croyait musicien par mon apprentissage de la musique et par mon oreille qui n'en finit pas de s'ouvrir aux enrichissements d'accords (9, 13, et autres 5b), je vais discrètement sortir par la porte de derrière... 
Hors ligne
je vais discrètement sortir par la porte de derrière...
Faudrait pas exagérer non plus
C'est un peu ceux qui en parlent le plus qui en écoute le moins
... Non quand même pas, mais y'a pas besoin d'ergoter des plombes sur tel passage en arrosant de commentaires verbeux pour être musicien ou même auditeur averti. Ce serait plutôt à l'aune du plaisir ressenti à l'écoute qu'on devrait s'évaluer là-dessus je pense.
Hors ligne
Rien que pour vous taquiner (à partir de 4mn58) :
La place de la femme est au foyer (Landru)
Hors ligne